• Cécile Flaceliere

Deuil : quand les pensées font trop mal

Dans le deuil, on tente parfois de tenir à l'écart les pensées sur le défunt. Mais notre cerveau s'épuise et des effets rebonds interviennent. Mieux vaut ne pas lutter, car cela se traduit par un plus grand sentiment de perte.

Pour les personnes qui traversent un deuil, un des aspects les plus difficiles à gérer est la présence de pensées intrusives, de réminiscences liées au disparu, qui peuvent survenir à n’importe quel moment et provoquer des remontées d’émotions difficiles à maîtriser, souvent très douloureuses. Au point de constituer parfois un véritable fardeau.


C’est tout particulièrement le cas des personnes qui développent ce qu’on appelle un deuil évitant : celles-ci développent des stratégies cognitives pour ne pas penser au défunt. Par un effort conscient ou non, ces personnes concentrent leur attention sur des tâches précises, ou sur d’autres pensées, afin de ne pas être exposées à la douleur. Mais cela ne les aide pas finalement, car les moments où elles éprouvent un sentiment de perte sont paradoxalement plus fréquents, et leur traversée du deuil est à la fois plus longue et plus difficile.

S’autoriser à penser à la personne disparue, se remémorer des souvenirs, parler et raconter ses moments vécus et partagés, ses ressentis en relachant son frein émotionnel, peut permettre de traverser un deuil plus sereinement et d’avancer vers l’acception de la perte. Ainsi, les pensées pourront devenir moins intrusives et pourront évoluer vers d’autres pensées plus agréables.


Retrouvez l'article de Sébastien Bohler dans "Cerveau et Psycho" du 29 janvier 2019.


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